De la continuité du monde à la métamorphose de l'œuvre
Le Cosmomorphisme trouve son origine dans une idée ancienne : l'être n'est pas séparé du monde. Il appartient à un ensemble de relations, de formes et de forces qui le traversent et qu'il transforme à son tour.
Le Cosmomorphisme artistique transpose cette conception dans le champ de la création.
L'œuvre n'est plus envisagée comme une forme isolée, achevée et enfermée dans ses propres limites. Elle devient un territoire de rencontres et de transformations.Dans ma pratique, la sculpture constitue souvent le premier état de cette réalité.Mais elle n'est pas nécessairement son état définitif.
Une autre œuvre peut venir à sa rencontre. Une intervention picturale peut modifier sa perception. Une image peut pénétrer sa surface. La lumière peut dessiner sur elle une nouvelle forme. Une projection peut révéler ce qui n'existait jusque-là qu'à l'état latent.
Ces interventions ne sont pas des ornements ajoutés à une œuvre préexistante.Elles deviennent l'œuvre.
Le Cosmomorphisme ne consiste donc pas à juxtaposer la sculpture, la peinture, le dessin, l'image ou la lumière. Il cherche à provoquer leur métamorphose réciproque.
Chaque forme agit sur l'autre.
Chaque œuvre peut en contenir une autre.
Et de leur rencontre apparaît une réalité qui n'appartenait entièrement à aucune d'elles.
C'est en cela que le Cosmomorphisme se distingue d'une simple association de disciplines ou de techniques mixtes. Il ne cherche pas l'accumulation, mais la transformation.
La sculpture cesse alors d'être uniquement un volume dans l'espace.
Elle devient support, territoire, matière de transformation et espace d'apparition.
La lumière elle-même cesse d'être seulement ce qui permet de voir l'œuvre : elle peut devenir dessin.
L'image cesse d'être seulement représentation : elle peut devenir matière.
La matière cesse d'être une limite : elle devient passage.
Ainsi, le Cosmomorphisme repose sur une continuité fondamentale entre les formes.
De même que le sens originel du cosmomorphisme refuse une séparation absolue entre l'être et le monde, le Cosmomorphisme artistique refuse de considérer les différentes réalités de l'œuvre comme indépendantes les unes des autres.
Tout peut agir sur tout.
Tout peut transformer tout.
L'œuvre devient alors un monde en elle-même : non pas un monde immobile, mais un système de relations dans lequel formes, matières, images et lumières existent les unes par les autres.
Le Cosmomorphisme ne cherche donc pas à représenter le cosmos.
Il cherche à en retrouver le principe : la relation.
Un univers où les formes apparaissent, se rencontrent, se transforment et donnent naissance à d'autres formes.
L'œuvre cosmomorphique n'est jamais seulement ce qu'elle montre.
Elle contient la possibilité de devenir autre.
SCULI
Le Cosmomorphisme : faire de l'œuvre un monde de transformations.
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